Histoire de la Commanderie du Bois Saint-Jean

L'origine de la ferme du Bois de Saint-Jean remonte à 1182, lorsque Philippe d'Alsace, comte de Flandre donne, "aux frères de l'Ordre de l'Hôpital de Saint-Jean-de-Jérusalem deux charruées de terres dans la forêt de Grigny". Il est précisé que les Hospitaliers doivent y bâtir une église où leurs frères de l'Ordre, des diocèses voisins (Thérouanne, Arras, Tournai, Cambrai et Noyon) viendraient chaque année tenir un chapitre. C’est une des premières commanderies de cet Ordre dans le Nord de la France.
La commanderie devait contribuer aux ressources de l’Ordre (dont le rôle principal est de financer les croisades), soit par ses fonds propres (revenus des terres et du logement, vivres, couverts et soins proposés aux pèlerins et aux malades), soit par les droits de passage que devaient payer ceux qui empruntaient les chemins du domaine.

Pourquoi une telle implantation, à l’extérieur de la ville et en pleine campagne ?
On peut penser que la voie romaine Vieil-Hesdin-Boulogne, qui longeait l’Est de l’actuelle forêt d’Hesdin, n’est pas étrangère à l’implantation du site, pour pouvoir accueillir les pèlerins qui l’empruntaient mais également obtenir un droit de passage, de péage. Le domaine du Bois Saint-Jean est limité au sud par le Parc des Ducs de Bourgogne, créé en 1295. La proximité de l’abbaye d’Auchy, créée en 1113, devait être aussi un atout favorable.

Construction et vocations

Ancienne photographie de la commanderie

Un document de 1209 montre que la commanderie était construite et donc occupée.  
En 1336, la commanderie est annexée par celle de Fieffes, située dans le Ponthieu, et transformée en ferme.

Les bâtiments, sauf la chapelle, dans laquelle la messe était dite deux fois par semaine, sont détruits deux fois, en 1376 et 1437, par des incursions anglaises. A l’issue de la bataille d’Azincourt, en 1415, de nombreux blessés furent répartis dans les établissements religieux des alentours. La commanderie du Bois Saint Jean a été sollicitée pour accueillir les blessés. Des pages et autres combattants y furent soignés par les moines et certains y moururent. Ils y reposent aujourd’hui.

En 1530, Charles Quint établit le siège de l’Ordre à Malte (Ordre de Malte).

En 1650, la ferme est à  nouveau endommagée par Balthasar Fargues, gouverneur d’Hesdin.

Monument historique

Label "Monument historique" de la Commanderie du Bois Saint-Jean

Propriété de l'ordre de Malte jusqu'à la Révolution, la commanderie est vendue en bien national à Jean-Marie Daullé, fermier, dont l’un des fils, Pierre, devint Général, qui rachète la ferme fin 1793.
Après la mort de Jean-Marie (1824), le bien est vendu en 1826 à Martin Capet puis, de nouveau, en 1856, à François Anselme Lefebvre, ancêtre des actuels propriétaires.

Joyaux longtemps insoupçonné, ce sont les propriétaires actuels qui vont s'intéresser à l'histoire du domaine. Et de rencontres en historiens, leurs recherches aboutiront rapidement au classement de la Commanderie du Bois Saint-Jean en monument historique en 2009, date à laquelle a démarré les travaux de restauration.

Histoire, restauration et... biodiversité !

Bois Saint-Jean vue d'ensemble

C'est dans un cadre préservé que Hélène et Aymard de Montigny, les actuels propriétaires, vous feront découvrir la riche histoire de la Commanderie, vous expliqueront les détails de sa restauration mais vous guideront aussi jusqu'à l'ancien verger et aux prairies pour vous parler de la nature environnante toute préservée !